Remontée capillaire : causes, conséquences et solutions pour améliorer votre DPE

Fabien Liegeois
Par Fabien Liegeois
Remontée capillaire

L’ennemi n°1 des bâtiments (et des investisseurs) est l’humidité. Savoir la repérer avant d’acheter un bien peut donc vous permettre d’anticiper des coûts importants pour les travaux voir même de négocier le prix du bien à la baisse.

Si à cela on ajoute les nombreuses opportunités à saisir concernant les passoires thermiques qui arrivent sur le marché dû à la loi Climat & Résilience en application depuis le 1er janvier 2023. Vous pouvez réaliser de bonnes affaires de bâtiment impacter par l’humidité.

Une des sources de cette humidité qui affecte votre DPE est la remonté de l’eau par capillarité. Qu’est ce qu’une remontée capillaire ? Pourquoi traiter les problèmes d’humidité ? Comment les repérer puis les résoudre ? Et font-ils baisser votre DPE ? On vous explique tout dans cet article pour devenir un pro de l’isolation anti-humidité !

Les remontées capillaires, c’est quoi ?

Les remontées capillaires, ou également appelé remontée d’humidité par capillarité, sont la remontée d’humidité du sol vers votre logement. Ce phénomène est dû à la nature poreuse des matériaux de la structure du bâtiment et de l’eau présente dans le sol. De manière plus simple, l’eau présente dans le sol s’infiltre naturellement dans les murs et le sol de votre maison. D’autant plus que, certains matériaux attirent naturellement l’humidité.

Les matériaux utilisés dans la construction d’une habitation facilitent progressivement l’évaporation de l’humidité. Cette dernière migre vers la surface et si elle ne peut pas s’echapper, elle cause des dégradations. Vous allez voir apparaître au bas des murs des signes tels que la moisissure et la dégradation des revêtements muraux.

Les remontées capillaires sont un phénomène naturel, donc inéluctables, mais vous devez agir en amont pour préserver l’intégrité du bâtiment et améliorer votre DPE. En traitant adéquatement les matériaux souterrains des fondations, on peut efficacement contrer les impacts négatifs des remontées capillaires.

Les remontées capillaires dans le bâtiment ancien

Avant les années 1950, les bâtiments étaient construits sur des fondations peu profondes, en pierres maçonnées, avec un mortier à base de chaux et de sable, pour former des murs de 60 cm à 80 cm d’épaisseur.

Ces fondations étaient construites sans barrière étanche pour lutter contre les remontées capillaires et les infiltrations, ni de drainage extérieur. Mais ce n’était pas un problème car le mortier de l’époque avait besoin d’eau au risque de s’assécher et de devenir sableux. L’excédent d’eau lui, s’évacuait naturellement avec la nature poreuse des murs.

remonte capillaire

C’est donc lors des rénovations de ce type de bâtisse, avec les mauvais matériaux (polystyrène, enduit étanche, etc…), que l’excédent d’humidité dans les murs ne peut plus s’évacuer. Cela a pour conséquence la création des remontées capillaires.

Dans la rénovation de ce type de bâtiment, pour le traitement des remontées capillaire, il suffit généralement de retirer les matériaux non adéquats (le ciment en façade par exemple) pour les remplacer par des matériaux respirant comme de la chaux à l’extérieur et/ou à l’intérieur.

Les remontées capillaires dans le bâtiment moderne

Les bâtiments construits après 1950 sont réalisés en maçonnerie, béton armé ou acier. Avec ce type de construction, l’humidité du sol ne peut pas pénétrer dans le bâtiment, du fait des matériaux étanches utilisés comme des membranes d’étanchéité.

Remontée capillaire batiment récent

Contrairement au bâtiment ancien, où c’est généralement une mauvaise rénovation avec des matériaux inadaptés qui a créé les problèmes d’humidité. Dans le cas de ces bâtiments, les problèmes d’humidité sont dus à un problème lors de la construction. Il sera donc peut être nécessaire de creuser autour du bâtiment afin de refaire le drain et l’étanchéité.

Pourquoi est-il important de traiter les remontées capillaires ?

Traiter les remontées capillaires de votre maison, immeuble ou appartement peut vous permettre d’éviter un certain nombre de conséquences. En effet que cela concerne la structure, la valeur ou simplement le confort de votre résidence, vous devez trouver des solutions pour résoudre ce phénomène au risque d’être confronté à :

  • Une perte de la sécurité structurelle du bâtiment du au fait que l’humidité dégrade la solidité des murs et des planchers
  • Des dommages esthétiques, tels que le décollement du papier peint, l’émergence de taches, et des anomalies comme les fissures ou les bulles sur les enduits et les peintures.
  • Une sensation persistante d’humidité, à cause d’un taux d’hygrométrie élevé qui altère le confort intérieur
  • Une baisse de votre note du DPE du fait de l’augmentation indirecte des coûts énergétiques, car chauffer une pièce humide requiert davantage d’énergie.
  • Une dévalorisation de votre bien immobilier, du fait des signes alarmants de remontées capillaires comme l’apparition de salpêtre, d’acariens, de moisissures et de champignons.
  • Des risques sanitaires, un environnement humide favorise l’apparition de pathologies respiratoires et diverses allergies dues aux moisissures et champignons.

Face à ces enjeux, vous devez envisager une rénovation ciblée pour garantir la pérennité, la qualité de votre habitat et une amélioration de votre DPE. Pour cela nous vous présentons des solutions juste après, afin de traiter les remontées capillaires.

Comment repérer les remontées capillaires ?

Afin de trouver les solutions appropriées pour le traitement de ce phénomène, il faut dans un premier temps repérer les signes de problème d’humidité. L’humidité par capillarité peut créer diverses pathologies reconnaissables à l’œil nu qui facilitent leur repérage comme :

  • La détérioration des papiers peints et peintures côté intérieur sur environs 1 mètre de hauteur avec de la moisissure
  • Le crépis qui se décolle ou humide en façade sur environs 1 mètre de hauteur
  • La présence de salpêtre
  • Le pied de façade humide sur environ 1 mètre de hauteur.

Mais elles peuvent créer également d’autres pathologies, plus discrètes et invisible à l’œil nue :

  • Le pourrissement des structures en bois (par exemple, le plancher en bois du rez-de-chaussée)
  • La diminution de la performance des isolants (par exemple la laine derrière le placo qui se gorge d’eau) ce qui impacte la note de votre DPE
  • La qualité de l’air intérieur qui se détériore

Vous l’aurez compris, pour vous assurez de bien repérer les remontées capillaires, vous devez donc observer l’intérieur et l’extérieur des murs. Afin de repérer s’il y a une présence de traces d’humidité au pied des murs formant une vague irrégulière comme sur la photo ci-dessous :

trace remontee capillaire interne

Cela peut également se repérer par la présence de sel minéraux sous forme d’une poudre blanche appelé salpêtre comme sur la photo ci-dessous :

Remontée capillaire

Il est aussi possible de mesurer le taux d’humidité de l’air de la cave qui ne doit pas être supérieur à 60%. Si celui ci est supérieur, il est possible que l’humidité soit seulement due à un problème de ventilation. Cherchez les grilles de ventilation, si elles sont bouchées, il faudra prévoir de les déboucher, pour retrouver une ventilation efficace de la cave. Il est possible que cette action suffise à régler le problème.

Comment lutter contre l’humidité pour améliorer votre DPE ?

Pour effectuer le traitement des remontées d’humidité des sols dans votre bâtiment et améliorer votre DPE, plusieurs solutions sont possibles, on vous les détaille.

Injecter de la résine dans les murs

Dans certains cas, notamment pour les bâtiments anciens, la remontée capillaire peut être tellement importante que modifier l’enduit de façade par un enduit respirant (la chaux) ne suffira pas.

Il faut donc considérer d’autres options. Une de ces options, consiste à faire des injections de résine dans le mur. Pour cela, le mur est percé et on y injecte à l’aide d’entonnoirs de la résine jusqu’à ce qu’il en soit saturé. De cette manière, la résine comble l’air dans le mur et rend ainsi étanche le pied du mur ce qui empêche l’humidité du sol de remonter dans les murs.

Injection resine

Il est possible d’utiliser cette méthode soi même, à l’aide d’entonnoirs ou de passer par une entreprise qui utilisera, une pompe à pression pour injecter la résine, ce qui va permettre de créer une meilleure protection.

L’injection de la résine fonctionne très bien pour les murs anciens épais en pierre. En effet, ceux sont des murs poreux et donc remplie de petites poches d’air, de microfissures, etc. que la résine viendra combler afin que l’eau ne remonte plus.

En revanche, ce système n’est pas recommandé pour combler un mur en maçonnerie creuse. Bien que possible, cela coûtera très cher en produit, car il faudra remplir le vide des maçonneries.

Ventiler la cave avec des grilles

Généralement, les remontées d’eau par capillarité touchent les bâtiments sans vide sanitaire ou cave ventilée. Dans le cas où il y a une remontée capillaire sur un bâtiment sans cave, alors privilégiez l’injection de résine.

Néanmoins, si la maison possède une cave, assurez vous que celle-ci est bien ventilée avec au moins 2 grilles ! Si ce n’est pas le cas, créez cette ventilation. Cette solution n’est pas chère et elle peut suffire pour régler les problèmes reliés à la remonté de l’eau dans le bâtiment.

Ventilation grilles anti humidité

L’idée est d’avoir 2 grilles, posées de manières opposées, pour avoir un flux qui traverse la cave. Cela permet ainsi d’avoir un flux traversant de la ventilation et donc une évacuation de l’humidité efficace. Contrairement à une grille unique qui ventilera que trop légèrement.

Comment réparer un mur enterré humide ?

Parfois, il peut arriver qu’il y ait une partie du bâtiment qui soit enterré, comme un mur du rez-de-chaussée qui est enterré et humide. Dans ce cas, 4 solutions s’offrent à vous :

  • Injecter de la résine dans le mur complet, mais cela risque de vous coûter cher étant donné le volume de résine à injecter pour combler un mur de plusieurs m2.
  • Creuser derrière le mur pour y placer une membrane étanche et au besoin une résine au pied du mur pour les remontés capillaires
  • Enduire le mur avec un matériau respirant, qui ne pourrit pas au contact de l’humidité comme par exemple la chaux, le liège ou le chanvre et installer un système de ventilation (Solution recommandée, car la moins chère en terme de coût/durabilité)

  • Laisser une lame d’air entre le mur brut et le placo combiné à une ventilation mécanique contrôlée, pour cela, retirez l’enduit du mur s’il y en a, installez du BA13 en laissant une lame d’air de 5 cm entre le placo et le mur brut et installez des grilles hautes et basses d’aération pour évacuer l’humidité présente dans la lame d’air. À cela ajoutez une bonne VMC. Cette solution est la moins chère mais également la moins durable.
Fabien Liegeois
Fabien Liegeois

De bureau d’études d’ingénieurs-conseils du bâtiment à investisseur-rénovateur libre aujourd’hui, je guide désormais les investisseurs avisés grâce à ma triple expérience : la rénovation, la thermique du bâtiment et l’investissement immobilier.

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

LinkedIn
X
Email
Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ça peut aussi vous intéresser :

A qui déléguer ses travaux ?
Rénovation rentable

A qui déléguer ses travaux ?

Pour votre chantier de rénovation de passoire thermique, vous vous demandez ce que vous allez réaliser vous-même et quelles tâches vous allez déléguer. Mais est-il…

En savoir +