Quelle épaisseur d’isolation pour les murs intérieurs ?

Fabien Liegeois
Par Fabien Liegeois
Quelle épaisseur d’isolation pour les murs intérieurs

Lorsque l’on souhaite se lancer dans un projet de rénovation, on peut lire tout et son contraire concernant l’isolation ! Isolation en intérieur vs isolation en extérieur, type d’isolant, épaisseur… Il n’est vraiment pas simple de faire son choix. Aujourd’hui, penchons-nous sur le cas de l’isolation des murs intérieurs. Quelle épaisseur faut-il choisir pour cette situation bien précise ? Voyons un peu cela ensemble !

Plusieurs paramètres à prendre en compte

Malheureusement, comme vous vous en doutez certainement, il est impossible de vous donner une épaisseur idéale d’isolation pour les murs d’intérieurs sans tenir compte avant tout du contexte et des matériaux utilisés.

En effet, selon le type d’isolant choisi et la nature de l’habitation, l’épaisseur idéale à envisager ne sera pas du tout la même… Il est parfois nécessaire aussi de devoir faire quelques concessions sur l’épaisseur lorsque la pièce est particulièrement petite.

Bref, il n’existe aucune réponse définitive à cette question particulièrement complexe… Mais tâchons malgré tout de fournir un maximum d’informations pour vous aider à faire un choix éclairé.

Les différents types d’isolants

Lorsque l’on parle d’isolation intérieure, on pense le plus souvent à de l’isolation derrière placo. Il s’agit de placer de l’isolant entre le placo et le mur. L’idéal est de placer l’isolant derrière les rails. Cette méthode est relativement simple, et elle permet de limiter la création de ponts thermiques.

Les différents types d’isolants

Avec cette méthode, il existe trois types d’isolants principaux à envisager : Les isolants naturels, les isolants minéraux et les isolants synthétiques.

1. Les isolants naturels peuvent être d’origine animale ou d’origine végétale. Ils sont souvent plus chers et un peu moins efficaces que les isolants minéraux et synthétiques, mais ils présentent l’avantage d’être particulièrement écologiques.

Les différents types d’isolants

2. Les isolants minéraux sont les isolants qui présentent généralement le meilleur rapport qualité-prix. Ils sont également pratiques et relativement simples à utiliser.  Les plus connus sont la laine de verre et la laine de roche.

Les différents types d’isolants

3. Enfin les isolants synthétiques sont très performants et peu coûteux, mais leur impact environnemental est important, car ils sont issus de la pétrochimie. Ils peuvent également poser des problèmes de concentration d’humidité, car ils sont particulièrement étanches.

Les différents types d’isolants

La question de la surface

Ensuite comme nous le disions, le choix de l’isolant et de son épaisseur dépend également de l’espace disponible. Bien entendu, plus l’isolant est épais, plus il isole le bâtiment et plus les économies d’énergie sont importantes. Mais le plus souvent il faut réussir à trouver le bon compromis entre la perte d’espace et l’efficacité énergétique. Une vingtaine de centimètres d’épaisseur de chaque côté, cela ne semble pas grand-chose…

Mais mis bout à bout dans une petite pièce sous les combles, cela peut faire perdre plusieurs mètres carrés précieux.

L’importance d’une bonne épaisseur

Ceci étant dit, il est bien évidemment très important d’avoir une épaisseur d’isolant suffisante, et ce pour deux raisons. Une épaisseur suffisante garantit la performance thermique, mais il faut aussi savoir qu’une épaisseur minimale est demandée pour pouvoir bénéficier des aides de l’état !

La notion de conductivité thermique

L’épaisseur requise dépend de la conductivité thermique de l’isolant, généralement mesurée en valeur lambda λ. En effet, cela impacte directement sa résistance thermique, généralement symbolisée par la lettre R.

La conductivité thermique est la facilité avec laquelle le froid et le chaud peuvent traverser l’isolant. Plus la conductivité est basse, plus le matériau est isolant.

La résistance thermique

La résistance thermique R peut être vue comme la difficulté que rencontre la chaleur à traverser un mur. Cela se mesure en m² K/W (Kelvin par Watt). Pour connaître la résistance thermique d’un isolant, il faut diviser son épaisseur par sa conductivité thermique. Plus la résistance thermique est élevée, plus le matériau est isolant.

On comprend donc que plus l’épaisseur est élevée, plus la résistance thermique l’est également.

Les épaisseurs pour avoir droit aux aides

Il faut respecter certains seuils de résistance thermique pour pouvoir bénéficier des aides telles que MaPrimeRénov’ !

La performance requise dépend de plusieurs paramètres… Mais le plus souvent on retient que l’isolation doit permettre d’atteindre une résistance thermique de R = 3.7 m².K/W. 

Notez que dans les calculs exacts, la valeur prend en compte l’isolant mis en place ainsi que la résistance de la paroi existante.

Les épaisseurs à envisager selon le type d’isolant

Maintenant que les choses sont claires, nous pouvons tenter de vous fournir des chiffres plus précis selon le type d’isolant.

Malheureusement, il n’existe pas de données définitives à ce sujet. Pour être tout à fait certain de choisir une épaisseur suffisante, la seule solution est de faire passer un expert, qui pourra juger des besoins en fonction de la configuration de la pièce, de l’âge de l’habitation, des conditions climatiques, de l’humidité, de l’isolation des combles, et d’autres critères encore.

Pour chaque isolant, nous vous indiquons l’épaisseur minimale à envisager, une épaisseur suffisante pour obtenir des aides de l’état, ainsi qu’une épaisseur idéale à viser dans le cas où la place n’est pas un problème. Les données sont indiquées en mm.

Matériau Epaisseur minimale Pour obtenir des résultats Epaisseur moyenne Ma PrimeRenov’ Épaisseur idéale
Polystyrène 90 120 140
Polyuréthane 80 100 120
Laine de roche 110 140 170
Laine de verre 100 130 160
Laine de mouton 120 150 180
Liège 110 140 180
Ouate de cellulose 110 140 180

On voit donc que, sans trop de surprise, les matériaux qui demandent le moins de place sont les matériaux synthétiques, à savoir le polyuréthane et le polystyrène. Viennent ensuite les isolants minéraux, suivis par les isolants naturels.

Pour un gain de place maximal dans le cas d’une isolation derrière le placo, l’idéal est donc de se tourner vers le polyuréthane. Mais la laine de roche et la laine de verre sont d’excellents compromis qui permettent de limiter l’encombrement en évitant les produits issus de la pétrochimie.

Les isolants naturels, en particulier la laine de mouton, demandent malheureusement un peu plus de place.

Les autres solutions à envisager pour gagner de la place

Vous savez donc maintenant les épaisseurs à envisager pour isoler un logement efficacement et pouvoir prétendre aux aides accordées par l’état. Sachez pour terminer que si le logement est particulièrement petit, il existe des solutions alternatives qui permettent d’isoler correctement avec un matériau très fin.

C’est le cas notamment des panneaux isolants sous vide (PIV). Cette solution est chère, et encore peu répandue, mais il s’agit sans conteste de la solution idéale pour isoler les murs d’un petit logement par l’intérieur. Leur performance thermique est imbattable actuellement, et ils sont durables.

En effet, il suffit de 2 cm, soit 20 mm de panneau isolant sous vide pour obtenir la même performance que 150 mm, soit 15 cm, de laine de verre.

Notez aussi que la mousse phénolique, ou mousse résolique, ne prend pas non plus beaucoup de place. 100 mm suffisent pour obtenir une bonne isolation thermique et phonique. Seulement, ce matériau est cher et particulièrement sensible à l’humidité.

Enfin, il existe aussi des isolants minces multicouches, mais il s‘agit d’un cas très particulier. Ce matériau doit en effet être posé au-dessus d’une isolation existante. Très faciles à poser, ils sont conçus pour améliorer l’isolation d’un logement sans impacter la surface habitable.

Malheureusement, ces matériaux ne sont pas très résistants et ils n’ont aucune efficacité pour l’isolation phonique. Et bien entendu, ils ne sont pas suffisants lorsqu’ils sont utilisés seuls.

La question du prix

Outre l’épaisseur, la question du prix est bien évidemment un autre paramètre à prendre en compte lorsque l’on souhaite rénover un bâtiment efficacement sans perdre trop de place. Reprenons donc notre tableau précédent en ajoutant ce paramètre crucial.

Matériau Epaisseur Minimale Pour Obtenir des résultats Epaisseur Moyenne Ma PrimeRenov’ Prix moyen constaté
Polystyrène 90 120 25€/m²
Polyuréthane 80 100 20€/m²
Laine de Roche 110 140 14€/m²
Laine de Verre 100 130 15€/m²
Laine de Mouton 120 150 25€/m²
Liège 110 140 70€/m²
Ouate de cellulose 110 140 25€/m²
Panneau Isolant Sous Vide / 20 80€/m²

Pour un bon rapport épaisseur prix, il faut donc se tourner vers la laine de verre ou le polyuréthane, qui coûtent respectivement 15€ et 20€ par m², et qui ne demandent que 80 ou 100 mm d’épaisseur pour être suffisamment efficaces pour avoir droit aux aides.

À l’inverse, le liège et les panneaux isolants sous vide sont extrêmement chers, même s’ils présentent des avantages. Le liège est particulièrement écologique, tandis que les panneaux sous vides sont imbattables d’un point de vue gain de place (à condition d’avoir déjà posé un autre isolant au préalable…).

L’épaisseur de l’isolant pour un mur intérieur dépend avant tout du matériau choisi, de la place disponible et du budget. Si vous manquez de place, le mieux est sans doute d’opter pour du polyuréthane, qui permet d’obtenir des aides sans trop se ruiner, et en prenant un minimum de place. Malheureusement, ce matériau n’est pas très écologique…

Si la place n’est pas un problème, la laine de roche offre un excellent rapport qualité-prix, et ce produit n’est pas issu de la pétrochimie.

Fabien Liegeois
Fabien Liegeois

De bureau d’études d’ingénieurs-conseils du bâtiment à investisseur-rénovateur libre aujourd’hui, je guide désormais les investisseurs avisés grâce à ma triple expérience : la rénovation, la thermique du bâtiment et l’investissement immobilier.

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